Proximité des éoliennes et de sa maison: le docteur monte au front!

Alors que le mystère reste entier quant aux intentions de la mairie de Clerval dans le très sensible dossier du projet éolien de la Côte d’Armont, les citoyens ne restent pas inactifs. La distance très réduite entre les éoliennes et les maisons dans ce projet inquiète notamment le médecin de Clerval, le Docteur Lacoste. Loin d’être un excité de la rébellion ou un suppôt du nucléaire, cet honorable praticien vient d’envoyer un courrier bien senti aux autorités municipales, dont il a bien voulu nous donner copie.

Le voici reproduit pour vous.

«Monsieur le Maire,


J'ai pu me procurer le courrier que vous a adressé Monsieur Antoine Cacio, représentant la société Opale, le 10 juillet 2017. C'est avec une grande surprise que j'ai pu y lire "nous définirons ENSEMBLE (!!!) le libellé de l'ordre du jour du conseil municipal".


Monsieur le Maire, je ne vous ai jamais caché mon opposition au projet éolien tout en étant persuadé que vous protégiez d'abord et uniquement les intérêts du pays de Clerval sans céder a aucun intérêt partisan. Constater que la société Opale entretien de telles relations avec la mairie qu'elle se permet de définir avec vous un ordre du jour du conseil municipal me choque et me désole.


Les Clervalois vous ont élu, et personne d'autre, pour exercer le pouvoir exécutif du village. Ainsi, considérant que je ne peux plus faire confiance à mon conseil municipal, je tiens à lui annoncer que malheureusement, et suivant les recommandations de mon académie professionnelle - à savoir l'Académie de Médecine -, je ne pourrai continuer à exercer mon activité de médecin au 2 rue Haute en cas de réalisation de ce projet. La maison qui abrite mon cabinet serait en effet alors située à moins de 1500m de la première éolienne.


Ne désirant en aucun cas abandonner la population de Clerval à son triste sort, je vous informe donc que je vous demanderai le déplacement de mon cabinet à plus de 1500m de la première éolienne, en créant une maison médicale par exemple. Le projet devant être achevé au plus tard dans l'année suivant l'installation des éoliennes.


N'étant pas membre du conseil municipal, le problème du financement d'un tel projet ne me concerne évidemment pas. Simple citoyen, j'ai pourtant une idée: y consacrer les revenus éoliens!!!


Cordialement,


Dr V Lacoste»

Éoliennes trop proches des maisons, mais aussi de l’école

Cela fait longtemps que l’ADCA attire l’attention des responsables sur le danger d’une présence éolienne à proximité d’une maison, et fait référence aux communications de l’Académie de Médecine à ce sujet. Rappelons d’ailleurs qu’il n’y a pas que votre maison qui sera trop proche d’une éolienne: il y a aussi l’école!

L’action entreprise par le Dr Lacoste confirme le bien-fondé de cette alerte. Qui plus est, elle jette une ombre inquiétante sur la nature des relations qu’entretiendrait la mairie de Clerval avec les promoteurs éoliens.

 

S’il est démontré qu’Opale intervient, directement ou indirectement, dans l’ordre du jour d’une réunion d’information municipale dont ses intérêts financiers dépendent, ce serait une grave atteinte à la démocratie locale. 

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    Bitschene (lundi, 31 juillet 2017 15:20)

    On ne se rend pas compte de la valeur de la paix de nos villages»
    On a cartographié le vent, les zones de nidification, mais pas les Homo sapiens !
    Toute modification d’un milieu, des usages qu’on en fait, peut être une situation stressante pour des habitants.
    Dans tous les projets, le promoteur tend à minimiser les préoccupations des citoyens. On entend des «ne vous inquiétez pas ma petite dame, il n’y aura pas de bruit.» Marginaliser les préoccupations ou le nombre des oppositions, c’est semer les graines de la discorde et risquer des déchirures sociales. Or, aucune question n’est illégitime. Même interroger le bien-fondé du projet. La base est d’éviter les conflits sociaux, voire les réduire, les réparer puis les compenser en nature, mais c’est la dernière étape. Mesurer ce que les gens estiment perdre peut être un outil pour se rendre compte et évaluer.
    La durée d’une division de la population locale?
    Les gens ont de la difficulté à se parler, ils ne savent plus collaborer. Ensuite cette colère se transmet aux enfants. Ça peut durer pendant des générations.
    Chez nous, on voit par exemple des communautés partagées entre des ruraux et des nouveaux habitants Pour le nouvel habitant qui venait chercher la tranquillité et faisait le choix de quitter la ville, l’éolien n’était pas forcément dans son projet de vie.
    Connaître le milieu humain est un impératif pour le promoteur. Il doit connaître les gens qu’il va déranger ou qui feront le deuil de leur paysage. Le promoteur doit devenir un visage avec un numéro de téléphone.
    Un référendum peut être un piège. Au Canada, il y a eu 95% d’acceptabilité d’un programme de compensation. Les 5 ou 10% restant sont toujours en détresse et ont un impact énorme sur la cohésion sociale.
    La transition énergétique ne vaut-elle pas ces quelques sacrifices?
    Il faut relativiser les investissements. Quelques mégawatts ne valent pas la paix de nos villages. La cohésion sociale, c’est quelque chose qui ne se mesure pas quand tout va bien. Mais la capacité de résilience d’une communauté, sa cohésion ou sa capacité à faire face à des coups durs est essentielle. C’est ce qu’une communauté a de plus précieux de nos jours. Ça ne se chiffre pas. Mais on ne s’en rend compte que quand on l’a perdue. Des communautés brisées, avec des gens qui changent de tables au restaurant ou autre, ça s’apparente à des syndromes post-traumatiques.
    propos de : Marie-Eve Maillé, chercheuse de l’Université du Québec à Montréal qui a consacré sa thèse aux effets des projets éoliens sur les populations.