Eléments Financiers d'un projet Eolien

Éoliennes de Franche-Comté et constructeurs privés: quelle rentabilité ?

Nous ne sommes pas seuls à constater l’étrangeté du comportement de la société Opale Énergies Naturelles. Dans un article bien senti, les édiles de Abbévillers, pourtant favorables par principe aux énergies renouvelables, n’en peuvent plus des méthodes du constructeur d’éoliennes préféré des investisseurs Chinois.

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Pratiques des promoteurs eoliens du Doub
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Promoteurs d'eolienne dans le doubs

 Le projet éolien en question stagne maintenant depuis des années, et pourrait bien atteindre la date de fin de bail, en 2018, sans avoir été réalisé.

 

Tout profit pour les riverains, excédés notamment par le manque systématique d’informations et de contacts avec la société Opale. Mais au-delà de ce constat, reste que les méthodes utilisées par les promoteurs des projets éoliens posent question.

Rendement n’est pas rentabilité

Rentabilité des projets eoliens dans le doubs

L’impression prévaut de plus en plus que les constructeurs d’éolienne industrielles tentent, non pas de répondre à un besoin en énergies renouvelables par une production et un rendement satisfaisants, mais plutôt à installer le plus possible de capacités, sans se préoccuper de leur rendement. Ce sentiment se trouve conforté dès lors qu’il semble impossible de savoir si la part de la contribution au service public de l'électricité

(CSPE) attribuée aux constructeurs d’éoliennes est calculée sur le rendement ou sur la capacité installée.

De quoi nourrir la suspicion puisque si c’est la deuxième réponse qui est la bonne, Opale et Velocita ne doivent même pas se préoccuper du fait que les éoliennes produisent ou non de l’électricité… La rentabilité de leur projet éolien est assurée! Ce qui pourrait expliquer, notamment, leur obstination à installer dans le Doubs le plus grand parc éolien de France alors qu'il s'agit de la région la moins venteuse du pays…

Rentabilité? Pas pour tout le monde!

La façon dont les industriels rentabilisent leurs projets éoliens reste donc floue, même si l’on sait, vu leur empressement à s’y lancer, que rentabilité il y a.

Aussi, certains citoyens se laissent séduire par des offres apparemment mirobolantes de « participation » proposées par les constructeurs. Ces derniers suggèrent à des riverains d’investir des montants modestes avec la promesse d’un rendement de 5 à 7%. Mais ces investissements dits « citoyens » sont limités à un total de 60.000 euros par projet d’éoliennes terrestres. Autant dire un souffle dans le vent. Nous ne saurions trop recommander la prudence aux candidats "eco investisseurs", au vu de certaines expériences éoliennes passées qui ont tourné à la débandade.

Les projets d’éoliennes « citoyennes », les vrais, sont encore trop rares en France, mais de belles initiatives de projets éoliens citoyens commencent à émerger. Nous y reviendrons.

Projets éoliens pour quoi faire?

Nous n’en serions pas là si le business du vent était organisé en toute transparence et ne suscitait pas la méfiance à tant de niveaux: celui de l’efficacité, celui du rendement, celui du financement, celui des implantations anarchiques, celui de la rétribution des communes hôtes, celui de l’actionnariat et celui de l’utilisation des deniers publics, pour n’en citer que quelques-uns…

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Présentation des Acteurs (1/3): Velocita

Sous ce nom bien latin agit une entreprise britannique, elle-même filiale du fonds d’investissement américain Riverstone, qui place ses actifs aux Îles Caïman, paradis fiscal bien connu. Pour se donner une couleur locale, Velocita constitue, en France, des sociétés reliées chacune à un projet éolien en particulier.

Elle s’apprête à reproduire à la Côte d’Armont le même montage que celui proposé pour un autre parc éolien dans le Doubs, à proximité des Salines Royales d’Arc-et-Senans. Elle y a constitué la société « Energie des Deux Vallées SAS » afin de promouvoir un parc éolien non loin de ce site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Difficile à faire passer, mais Velocita et Opale ont des arguments : ils font miroiter la création d’emplois et la participation des citoyens. Ça marche auprès des élus locaux, surtout si le Conseil général appuie…

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Financements eoliens ... à fonds perdus!

Quant à la participation des citoyens, parlons-en. Velocita fait miroiter aux candidats investisseurs, notamment pour son projet d'éoliennes Cœur Aire Urbaine (aux confins du Doubs, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort), des taux faramineux de 5 à 7% ! De quoi faire s’étrangler les banques…

Attention : il s’agit bien de prêts, et non pas de participations actionnariales coopératives, comme le proposent les projets d’éoliennes citoyennes. Velocita parle donc à tort de « financement participatif ». Or, les organismes qui proposent ces prêts ne sont pas des banques. Et ils ne proposent aucune garantie aux investisseurs. Autrement dit, si demain la société débitrice décide de mettre la clé sous le paillasson, c’est adieu veaux, vaches, cochons. Et qu’advient-il de ce prêt si la société change de mains ?

On citera à titre d’exemple le cas du groupe FSB Holding et sa filiale France Energies Finance (FEF), qui proposait des emprunts liés à des champs d’éoliennes et des panneaux solaires, assortis de rendements annuels « garantis » de 7%, tout comme le taux d’intérêt annuel annoncé par Velocita. Mais voilà : les 50 millions d’euros récoltés en France n’ont pas servi à financer des projets d’énergies renouvelables… et les investisseurs ont rapidement constaté que les 7% promis ne leurs parvenaient plus. Et pour cause : ils ont été détournés au profit de structures de la maison mère FSB.

Dévoilée en janvier 2016 par Le Parisien, l’affaire pointe aussi une comptabilité opaque, avec l’existence d’un compte au Luxembourg et des mouvements de fonds suspects vers une firme canadienne. La justice, soupçonnant une arnaque de grande envergure, a demandé la liquidation de la société et une enquête de la police judiciaire est en cours. Les investisseurs spoliés se sont groupés en associations et réclament réparation. Peu de chance qu’ils revoient leur argent, puisque selon les déclarations de l’une de leurs avocates à Paris-Match, « Nous sommes en présence d’une escroquerie pyramidale de type Ponzi, la même que celle de Madoff, où les sommes versées par les épargnants servent à régler les intérêts des entrants précédents ».

Voilà pour l’aspect « participation citoyenne ».

Est-il acceptable que des entreprises animées par le seul profit bénéficient de l’argent public et de l’épargne des riverains pour s’enrichir à court terme sous prétexte de développement durable ? Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’elles investissent dans la durée : fondée en 2011, Velocita vient de revendre, en novembre 2016, toute son activité d'exploitation éolienne en France, ainsi que son parc éolien de 453MW, qui comprend la Phase 1 de Monts du Lomont, à la société chinoise Envision Energy…

Des Îles Caïman à Shanghai : que reste-il aux Français, sinon les dégâts du vent après la tempête ?